Global ABS 2026 : la titrisation à la croisée des chemins

juillet 2026

De l’évolution de la réglementation, à l’émergence de nouvelles classes d’actifs en passant par le recours croissant à l’intelligence artificielle, les acteurs du marché évoluent dans un environnement de plus en plus complexe.

Les thèmes abordés lors de la conférence Global ABS 2026 à Barcelone ont mis en lumière certains des défis à venir. En voici quelques uns.

Pour relancer le marché de la titrisation, il faut attirer les investisseurs non bancaires

Pour cela la règlementation de la titrisation continue d’évoluer, pour notamment permettre un investissement plus large des OPCVM en parts de titrisation, appliquer un régime de sanctions proportionné, et faciliter la participation des assureurs.

Sur ce dernier point, la disparité entre les Etats Unis et l’Europe est frappante : les assureurs américains consacrent environ 25 % de leur bilan aux titrisations, contre seulement 1,6 % pour les assureurs européens . Cet écart semble davantage lié aux exigences de fonds propres de la directive Solvabilité II qu’au risque sous-jacent, et rend nécessaire une révision des textes en vigueur.

Nouveaux types d’actifs : le financement de la transition écologique et des centres de données se développe

Comme nous l’avons exposé dans un article précédent, la titrisation finance efficacement la transition écologique. En Europe les débuts sont lents, car le marché est fragmenté ; il faudra attendre qu’il ait atteint une maturité plus grande pour pouvoir faire pleinement usage du potentiel de cette technique financière.

La titrisation des centres de données est une nouveauté en Europe, où seul Vantage Data Centers (habitué à la titrisation aux Etats Unis) l’a utilisée, au Pays de Galles et en Allemagne. Mais ce marché présente un potentiel significatif, que nous explorerons dans un prochain article.

Risque de double nantissement: surveillance accrue

En l’espace de six mois, trois grandes affaires de fraude ont mis en lumière le même mode de défaillance. Tricolor, un prêteur automobile subprime américain, s’est effondré après avoir nanti les mêmes numéros d’identification de véhicules dans plusieurs facilités de warehouse. First Brands, un équipementier automobile américain, aurait fabriqué et doublement nanti 2,3 Md$ de créances commerciales. Market Financial Solutions (MFS), un prêteur basé à Mayfair, a nanti les mêmes propriétés britanniques auprès de plusieurs investisseurs institutionnels simultanément.

A la lumière de ces fraudes, les entreprises qui titrisent doivent s’attendre à des exigences accrues en matière de clauses d’information, de droits d’audit réguliers et de ségrégation des actifs. Investisseurs et arrangeurs étudient activement des mécanismes (y compris des solutions technologiques) pour vérifier l’exclusivité des actifs.

Intégration de l'IA : transformation opérationnelle

L’IA passe des projets pilotes à la production dans les opérations de titrisation : la vérification des données au niveau des actifs titrisés, le contrôle du respect des clauses contractuelles et la production automatisée de rapports aux investisseurs sont désormais des cas d’utilisation concrets.

Depuis 2024, Accola a conseillé cinq grandes entreprises sur la création ou le renouvellement de leurs programmes de titrisation, représentant plus de 2 milliards d’euros.