Securitisation, a financing tool for data centers

juillet 2026

La titrisation finance largement les centres de données aux Etats Unis, et fait ses débuts en Europe.

Le développement des centres de données a connu une croissance remarquable ces dernières années, principalement du fait de l’utilisation de plus en plus intensive du Cloud, et du développement de l’IA générative.

Titrisation des data centres aux Etats Unis

Les États-Unis disposaient d’environ 60 % de l’infrastructure mondiale installée de centres de données en 2025, reflétant la présence sur le sol américain des plus grands hyperscalers mondiaux : Amazon, Apple, Google, Microsoft, Meta, Oracle. Le contexte économique et règlementaire y est en général favorable à la croissance des data centres, récemment boostés par l’initiative Stargate du président Trump, qui vise à investir un minimum de 500 milliards de dollars dans l’infrastructure des centres de données IA sur une période de quatre ans. Les six principaux hyperscalers devraient dépenser entre 400 et 600 milliards de dollars annuels en CapEx d’ici à 2029.

Or, la titrisation joue un rôle croissant dans le financement des data centers outre Atlantique. Elle se prête particulièrement bien à leur financement une fois la phase construction achevée, c’est-à-dire quand ils commencent à générer des cash flows stables et prédictibles. En phase de construction, un mix d’équity et de prêts bancaires et généralement plus efficace, mais la titrisation prend efficacement le relais à la fin des travaux (ou quelques mois auparavant) et permet le remboursement des prêts bancaires, libérant ainsi des liquidités sur le marché. En 2025, 11.5Mds d’ABS et plus de 7Mds de CMBS on été émis.

Deux types de structure existent : la titrisation directe des cash flows de leasing (Asset Backed Security), et celle des prêts réalisés aux opérateurs des data centres, gagés sur le data centre lui-même (Commercial Mortgage Backed Security). Le taux de financement est typiquement de 70%, les 30% restant couvrant les risques inhérents aux opérations. Pour l’appréciation de ces risques, la qualité des locataires et les conditions de leurs baux, l’expérience des opérateurs, mais aussi l’obsolescence technologique et les défis environnementaux liés aux centres de données (accès à un réseau électrique suffisant et disponibilité en eau pour le refroidissement par exemple) sont pris en compte.

De belles opportunités en Europe

L’Europe n’est pas aussi mature que les États-Unis, mais elle devrait croître significativement dans les prochaines années. Deux transactions importantes ont été conclues jusqu’à présent. L’une d’elles est la titrisation de deux centres de données à Cardiff, l’autre, la titrisation de quatre centres de données à Berlin et Francfort. Dans les deux cas l’émetteur est Vantage Data Centers qui ont été pionniers en Europe en 2024, avec une ’émission de GBP600m d’ABS « verts » notés A- par S&P.

En France, le gouvernement a annoncé un investissement de EUR109Mds dans les data centres, auxquels s’ajoutent les EUR45Mds promis par le japonais Softbank au sommet Choose France de 2026. En 2025, les data centres ont ainsi concentré EUR67Mds d’investissement, soit 42% du total français. Il est donc très probable, une fois les centres en opération, qu’un potentiel significatif de titrisation se dégage.

Depuis 2024, Accola a conseillé cinq grandes entreprises sur la création ou le renouvellement de leurs programmes de titrisation, représentant plus de 2 milliards d’euros. Nous sommes prêts à conseiller le financement du réseau émergent de centres de données.